En parcourant de nombreux blogs, on constate très rapidement que le système édicatif nippon n'a strictement rien à voir avec le notre. Ne
serait-ce qu'en regardant certain drama on s'en rend compte rapidement. Dans le blog de Negainoki dont le lien se trouve dans le premier article de mon blog quelques éléments m'avaient
interloqués sur le système éducatif comme par exemple le fait que ce soit les élèves eux mêmes qui nettoient leur salle de classe ou bien que ce soit eux qui organise l'ensemble du festival de
leur école ou bien la nombre important dès le collège de club auxquels peuvent participer les élèves. Je trouve tout cela extrémement bien puisque ça permet de responsabiliser les élèves mais
aussi de leur apprendre à respecter les choses. Les clubs comme par exemple, musique, jeux vidéo, manga, kendo, choral... permettent aux élèves d'élargir leurs horizons je pense sincérement que
ça devrait être instaurer en France également.
Le système scolaire japonais est divisé ainsi :
de 7 à 13 ans : ce que nous appelons l'école primaire (6 ans)
de 13 à 16 ans : ce que nous appelons le collège (4 ans)
de 16 à 18 ans : ce que nous appelons le lycée (3 ans)
La rentrée des classes au Japon ne ce déroule pas en septembre comme en France mais en Avril. Ils ont 3 trimestres comme nous mais on les vacances d'été en plein milieu de leur année
scolaire.
Il est à noter qu'en début d'année, les places des étudiants sont tirées au sort dans la classe. Ils doivent alors y rester tout au long de l'année.
Les uniformes :
Il subsiste deux uniformes, l'un pour l'été et l'autre pour l'hiver. Les jeunes ne décident pas eux-mêmes le moment où ils peuvent porter l'un ou l'autre: il y a un jour appelé " Koromo-gae "
(changement de vêtement) où ils sont dans l’obligation de permuter d'un uniforme à l'autre.
Selon les écoles, l'uniforme de fille et de garçon change. Et comme sa on peut reconnaitre de quel école ils sont issue.
Voici une super analyse de leur système éducatif :
Il s’agit ici d’un constat réalisé à partir de deux établissements, le collège « Kanou » de Gifu
(public) et le lycée « Nishi Highschool » de Takayama (privé, préfecture de Gifu)
¯1- Uniformité et pression.
L’uniforme est omniprésent. Chaque école (même jusqu’en maternelle) possède son modèle de jupes et de blazers, sans oublier les
pantoufles, identiques pour tous et interchangeables.
On retrouve dans chaque salle de cours les valeurs de l’établissement. Par exemple,
à la « Takayama-Nishi-Highschool » : « live in good order – aim high – practise
continuously ».
Des systèmes d’examens d’entrée dans les universités et dans les établissements privés (10% des élèves à Gifu prefecture) nécessitent le recours au système du juku (cours du soir institutionnalisés): payants (et chers) donc inégalitaires, auxquels nous
n’avons pas eu le temps d’assister.
Ce sentiment d’obligation de résultat est palpable aussi pour les professeurs, à travers le système du « super teacher » mais aussi par l’évaluation dans certains établissements des professeurs par les élèves (à Takayama par exemple).
Ceci aboutit en fin de compte
à une double système de classement du professeur : par l’administration et par les élèves ;
à une valorisation de la compétence au détriment de la qualification qui se traduit par une grande polyvalence de certains enseignants (un
exemple à Takayama : un professeur d’histoire et de kendo qui est aussi responsable du réseau informatique).
La volonté des écoles d’attirer des personnalités de prestige dans leurs établissement (un professeur de fac
réputé, un acteur, une violoniste tchèque…) participe de ce modèle où l’exemplarité tient un rôle central. Certaines évaluations
d’élèves sont d’ailleurs affichées à l’intérieur des salles de cours.
Nous avons donc ressenti l’impression d’un système qui exerce une forte pression sur l’élève, mais aussi sur l’enseignant. Cependant, cette
pression repose sur une légitimité forte, liée au respect du système.
¯2- Tradition et modernité
Au collège comme au lycée, les classes ont un effectif d’une quarantaine d’élèves. Elles sont dédoublées dans la préfecture de Gifu en
anglais et en mathématiques.
Ce dédoublement s’explique par l’importance attribuée à ces deux matières, plus particulièrement en anglais où le niveau est généralement
faible d’après ce que nous avons pu constater (dans les établissement et à Tokyo) ainsi que selon les professeurs d’anglais. Beaucoup d’entre eux proviennent
d’ailleurs de pays anglophones : Canada, Etats-Unis, Australie, Afrique
du Sud, Inde par
exemple.
De tels effectifs aboutissent à des cours qui semblent très traditionnels : magistraux avec lecture du manuel et exercices. Certains
manuels reflètent ce système et tranchent largement avec les manuels français au niveau de la forme (beaucoup moins colorés et diversifiés), et parfois du fond. Cela nous a
particulièrement choqué en ce qui concerne les manuels d’économie de lycée : pour celui qui est utilisé à Takayama, il est beaucoup plus bref que les nôtres
(mais les horaires aussi) et surtout beaucoup plus descriptif : le Japon, l’Union Européenne, les USA, etc…
Les manuels plus récents (cf réforme ci-dessous) insistent davantage sur la forme et l’interactivité.
Les différences sont aussi marquées quant aux disciplines enseignées. Certaines nous plongent au cœur de la culture nipponne, comme l’option
« cérémonie du thé », très féminisée ou les sports : karaté, kendo où nous avons pu voir un élève vaincu s’agenouiller auprès du professeur après le combat et écouter ses
conseils.
Au-delà de ces activités sportives, les matières artistiques occupent une place supérieure à celle qui leur est réservée en France. Au
collège Kanou, le chant choral est une option et pas seulement une activité de club. Nous avons pu assister à des représentations de chorale (à Gifu) et d’orchestre
(à Takayama) d’un très haut niveau si nous devions les comparer aux prestations de nos élèves.
L’accent mis sur ces disciplines ne paraît pas surprenant : on y voit l’importance du travail du groupe (cf. uniformité ci-dessus), à l’opposé du travail en groupes, impossible avec
de tels effectifs et relevant d’une problématique autre que celle de l’efficacité d’ensemble : celle de l’initiative individuelle (cf. réforme ci-dessous).
Les TICE sont aussi perçues dans l’optique du groupe. Elles nous ont souvent été présentées comme un outil de liaison entre élèves. La
vidéoconférence en particulier est utilisée dans le cadre de conseils donnés par des étudiants à des lycéens, voire lors de cours donnés à distance dans un autre établissement (comme nous en
avons été témoins à Takayama à notre grande surprise).
De façon générale les établissements visités n’étaient pas particulièrement dotés en TICE (TV + magnétoscope dans chaque salle, quelques
salles informatiques), ce qui rompt avec certaines représentations que l’on peut avoir du Japon.
¯3- Efficacité :
Un tel système (où chacun est responsabilisé par rapport à sa place dans le groupe) est gage d’efficacité. Nous parlons ici de
l’efficacité au sein de l’organisation, au-delà des résultats des élèves (qui sont variables en fonction des établissements).
Notre prise en charge lors des visites d’établissement en est un exemple évident : la palette des activités observées (ou auxquelles
nous avons participé) ainsi que le respect du timing étaient d’autant plus étonnants qu’ils nécessitaient l’intervention de nombreux acteurs, du proviseur à l’élève en passant par l’assistant
d’anglais, selon un protocole (remerciement-« contre remerciement » obligatoire) très consommateur de temps
.
Nous avons donc pu observer des séquences de cours, discuter avec l’administration, participer à un repas avec les élèves, et (bien trop
rarement, respect du timing oblige) discuter longuement avec des professeurs.
Le repas de midi au collège Kanou de Gifu a constitué une expérience surprenante : en quelques minutes,
dans la salle de cours, les élèves ont préparé les tables et servi le repas apporté par le cuisinier. Leur accueil était –comme partout- très chaleureux. De même, ranger les tables ou nettoyer
la salle de classe est une pratique qui a été observée dans les deux établissements visités. On remarquera que cette activité intervient assez tôt dans la journée ; autour de 15h30. La fin
de la journée est consacrée aux activités en club en ce qui concerne le collège, le lycée mêlant activités en club mais aussi certains cours jusqu’à 18h20.
Au total, la présence des élèves dans l’établissement s’étale de 8h00 à 17/18h00 avec quelques activités de club en deuxième partie de
journée. Les professeurs ont aussi une forte présence dans l’établissement à travers les cours, bien sûr, les clubs mais aussi des assemblées en début de journée, avant les cours.
La contrepartie de cette efficacité est la pression sur les élèves (mais aussi peut-être la fatigue, tout comme en France. Au collège, nous
avons surpris dans deux classes différentes un élève de fond de classe assoupi.
Source : http://www.ac-reims.fr/datice/ses/stage/rapportjapon_fichiers/rapportjapon.htm